


On a tous connu ces moments-là, mais si, non ?
La dépression, la vraie de vraie, celle qui vous scotche chez toi, alors que tout bouge dehors mais sans toi. Celle où le réveil vous prend facilement 3 heures de temps, le temps de tout mettre en ordre, y a-t-il assez de café dans ma tasse, beurre demi-sel ou doux ce matin, ah, putain, dilemme, hier j’ai déjà fait demi-sel alors il serait mieux pour ma santé de ne faire qu’au beurre doux ce matin mais putain j’ai envie de demi-sel et si je le mange pas ce matin il va falloir attendre 24 heures, 24 heures à regretter et pire, imagine je craque avant et je me fais une tartine en journée alors que ce n’est plus le petit déjeuner, bon ok demi-sel donc… Vous voyez… Ce genre de choses qui prend des heures de réflexion intense.
Si on rajoute un intrus à cette scène, à qui vous demandez simplement, doux ou demi-sel et que celui-ci répond sans savoir le carnage mental qu’il va provoquer : « comme toi », je pense, très sincèrement, que les larmes coulent alors inexorablement.
Ensuite, vous checkez votre emploi du temps de la journée, il est inlassablement vide et parsemés de choses soit inutiles (penser à alterner café et thé), soit futiles (se faire les ongles), soit déprimantes comme si c’était pas déjà assez (aller à la poste, me demander pas ce que j’allais foutre à la poste, je ne m’en souviens plus mais ça m’a marquée), soit des choses qu’on n’écrit pas sur son emploi du temps (faire une lessive ou encore finir mon roman mais aussi acheter des fleurs – véridique -).
A un moment, j’avais même écrit sur un papier « aller manger plusieurs fois par semaine dans un restaurant » avec une liste de lieux dans mon quartier. J’ai écrit ça. La dépression oblige à faire des listes de tout et de rien, étant de nature à lister, je vous dis pas le nombre de listes inutiles que j’ai pu faire en étant dépressive. J’listais même des choses du genre « faire des courses bouffe à Proxi ». Je me précisais à moi-même le marché dans lequel j’allais faire des courses, qui fait ça ? Quand j’y repense j’étais complètement à côté de mes pompes.
Enfin je vous apprends rien, on a tous des moments comme ça… non ? Non. Ah bon.
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