Vendredi 16 octobre 2009
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Aujourd'hui j'aimerais parler de bénévolat et de bonnes actions.
Les bénévoles m'ont toujours fascinée, en général, ce sont des mères de famille sans travail qui se font chier au quotidien et qui comblent leur temps libre et leur solitude par des actions de
quartier plus ou moins efficaces. Le bénévole est quelqu'un qui travaille contre un paiment en nature. Say what ? Oui, oui, je maintiens, le bénévole ne reçoit, certes, pas d'argent mais il se fait
payer en joie, en karma, en tout ce que vous voulez qui peut lui faciliter son sommeil le soir, le bénévole dort bien, il agit pour l'autre et non pour lui. Faux ! Il agit pour lui, il se sent
exister de part son aide quotidienne, hebdomaire, mensuelle voire même annuelle (ces derniers, les annuels là, se rachètent juste une bonne conscience pour l'année, souvent à Noël). Il fait partie
d'une association, il le mentionne souvent, toujours et nous casse les couilles avec le projet de ladite asso. Il vous raconte comment il a découvert que la bouffe sénégalaise est trop méconnue
alors que c'est délicieux, il vous parle de ses "amis" chinois à qui il refile tout ce dont il ne veut plus et du séjour si humain avec des adultes trisomiques à Villefranche de Rouergue. Il aide
et ça lui fait du bien.
Mais est-ce que le travailleur social, qui soi dit en passant a souvent les mêmes sujets de conversations, est plus sain dans sa démarche ? Est-ce que le fait d'avoir un tiers argent entre le
public et le l'éducateur lui donne plus de recul, moins de niaiserie et plus de lucidité ? Rien n'est moins sûr... Ma collègue AVS (aide à la vie scolaire) m'a sorti l'autre jour : "J'aime pas les
enfants normaux, je peux pas me les voir, je préfère les handicapés". Ouch ! Je suis restée sans voix, je crois que j'ai rien dit, j'ai juste acquiescé comme pour dire "mmmh mmmh" et suis partie.
Et sinon ? euh... sinon rien.
Tolérance, aide entre les peuples, joie, inconnu, bonheur et pour reprendre Morad, on pourrait même rajouter des p'tits anges jamaïquens avec des ukulélés qui chanteraient au-dessus de nous : "A
gat we bi fwiend, a gat we bi fwiend" pendant qu'on serait tous heureux, que les triso auraient le droit de vote, que la parité dans les entreprises se fasse naturellement et sans quota, que
l'homme comprendrait tout, aiderait tout le monde mais n'en serait pas fatigué le soir, qu'il dormirait en ne pensant qu'à son amoureux et ses amis et on chanterait, on chanterait, on chanterait...
Oh on se réveille !
La vérité (attention ceci n'est que ma vérité, n'en faites pas une affaire d'état), donc, la vérité c'est qu'en école d'éduc spé, tous les élèves sont des cas soc' qui s'aident en aidant les
autres, belle thérapie de groupe ! Qui ne parlent que d'éducation, de toute puissance, de problèmes psychanalytiques de mon cul. Les aspirants éducateurs ont des rêves d'égalité " je comprends pas
pourquoi les entreprises n'embauchent pas les handicapés" Bah vas-y, ouvre ton entreprise et prends un polyhandicapé derrière le comptoir et on en rediscute ! C'est bien beau de s'ériger en tant
que personne faisant règner les droits de l'homme mais c'est bien aussi de réfléchir, de se mettre à la place des autres et de comprendre la complexité que sont les rapports humains, l'argent, la
stigmatisation, la normalité, le handicap léger, lourd, très lourd, de tenir compte des possibilités de chacun, d'accepter qu'on ne peut pas partager avec tout le monde, chacun à sa part mais pas
donnée par les mêmes... Je ne blâme pas les métiers du social mais je m'insurge un peu contre les donneurs de leçons de ce secteur (et certains diront ou penseront : "venant de ta part c'est
l'hôpital qui se fout de la charité !" Oui et c'est encore mieux).
Le fait même de parler, en bien ou en mal, de certaines catégories de personnes les met automatiquement à l'écart.
Bienvenue.
C'est trop lourd en mode monobloc.
Si tu pouvais essayer de faire un peu de mise en forme, ne serait-ce que quelques saut de ligne, pour mieux structurer ton idée, ce serait vraiment génial.
Bise ptitepoulette
Je suis d'accord avec certains trucs, totalement en désaccord avec d'autres.
Ouais p'têtre que les gens se donnent bonne conscience, p'têtre que leur vie c'est de la merde et qu'ils soulent les gens en parlant de leur assoc', mais n'empêche que la société a besoin d'eux. Même que ça m'arrange qu'il y ait des gens pour donner le temps que je ne cherche plus à trouver pour ce genre de trucs.
Pourtant j'ai été bénévole. ZUP. Entraide scolaire, animation dans un quartier chaud de Créteil, Orga de carnaval, et j'étais étudiante avec une vie bien remplie. Et je le faisais pas pour me donner bonne conscience, ni pour vanter les mérites du mafé de la mère de Maïmouna. Je l'ai fait parce qu'à l'époque, avec ma naïveté pré twenty-years-old, j'ai estimé que si cette société moisie comptait plus de gens prêts à faire ce que je faisais, ben y'avait peut-être moyen de faire évoluer les choses.
Alors ouais, p't'être que ça a pas servi à grand chose, et que si j'avais passé mon temps à faire de la lèche à la pote de ma mère qui bossait chez Publicis, ben aujourd'hui j'aurais un taf de CR bien payé, je jouerai au baby-foot en salle de repos, et je te dirais 2100€/ mois, c'est pas pauvre, c'est limite clochard! Mais p't'être aussi que ça m'a donné quand même quelques valeurs pas trop nases, et qu'aujourd'hui je serais une connasse encore plus cynique et désagréable que je ne le suis déjà.
Donc vive le bénévolat.
Enfin, je sais pas, je trouve que le temps que j'ai passé à faire pleins de trucs qui me servaient à rien m'apporte rien, mais je sens souvent comme une irristible envie de le faire. Pour ça que je lutte contre moi meme en évitant surtout d'aller voir du coté des ONG s'ils ont besoin de moi ou pas. Je suis le genre de mec qui pourraient reccueillir toutes les ames perdues et égarées du monde. Donc je lutte contre moi-même là dessus.
Ainsi je crois qu'il y a des gens, qui passé leur crise de la 20aine ou c'est du style "c'est dégeulasse le monde parce qu'on est tous frère, merde", ont toujours ce petit truc. J'en avais même fait une théorie, "le complexe d'Andromède" que j'aurais bien développé si j'avais fait des études de psycho. Arf.
Sinon, je rejoint Porte et Lit, tu gagnerais fouttrement en aérant tout ça et en faisant des titres évocateurs. Un billet comme ça, ça laisse pas indifférent.
Enfin, si tout ceci t'intéresse, of carse.