Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /2010 01:24

... Et c'est d'ailleurs très narcissique de dire ça.

 

J'ai peur d'être une SEULE personne. Je me manque. C'est comme un gros trou sans chair qui ne se régénère pas. Je comprends rien. Il y a des gens avec qui je parle, je leur parle de moi, tout le temps, je m'intéresse pas à eux alors que si dans ma tête je m'y intéresse mais je leur dis pas. C'est tout le temps moi. Ce que je dis je le supporte pas. Je comprends pas ce qui se passe. Ca me manque déjà. Je me manque. J'ai plus du tout l'impression d'exister. C'est pas des parties de moi. Il y avait la moitié chez ma mère, l'autre moitié chez mon mec. Pouf. Restent des mains pour écrire, un cerveau pour réfléchir. Elle est où la simplicité bordel ! Les poupées russes dans cette putain de tête. Dada que je disais pour dire oui petite, la princesse russe qu'on m'appelait. J'ai toujours su dire non pour de la merde. J'apprends à dire non pour ma vie, pour trouver, pour devenir. J'aime pas les surprises, je contrôle plus rien du tout. A côté de mes pompes. Je mens pas, je dis juste des choses que je comprends pas, vraiment, vous êtes qui ? Putain il y a des gens sur Terre.

 

Je te manquez, ils sais ?

Par mardinoir
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Jeudi 15 juillet 2010 4 15 /07 /2010 01:00

Dans une maison où les murs sont comme le plancher lui même comme le plafond, des portes cachées dans le papier peint, claustrophobie quand tu nous tiens. J'ai préféré dormir avec un dragon mangeur de miroir et rêver de lion valdinguant dans les nuages. J'ai échappé à un infirmier piqueur stressé et alcoolisé, payé des billets de train 154 euros pour le soleil du sud promis par Météo France, j'ai bu une San Pellegrino avant la chaleur du RER D. J'ai l'amertume dans les pieds et derrière les genoux, les pleurs camouflés dans les joues, le dos ruiné de maintenir une tête haute, j'aime pas ça. j'aime ça de pas aimer ça. Je déteste ça d'aimer ça. Je pleure de m'aimer, j'en ris de l'aimer encore, je me foutrais des baffes de pleurer et d'aimer ça, je m'acclamerais de rire et de haïr ça. Feu d'artifice en toile de fond sonore, à peine audible, la langue trop grosse, la mâchoire non fermée, les yeux piqués. Et le décalage. Ce foutu décalage.

Dubitative émotionnelle, les choix sont clairs, l'exportation des sentiments l'est de moins en moins, ma voix me fait flipper, m'écouter parler me fatigue. Je vais bien, je me hais d'aller bien, je dis des choses qui paraissent bien, j'y crois mais je m'y perds, j'y pense et j'oublie pas, c'est la mort, c'est la mort ?

Tais-toi.


Je veux les paillettes sans la colle qui va avec. Le diamant sans le prix à payer. Je veux que tu fermes ta gueule de par ta propre volonté. Je veux que tout roule sur une surface lisse et que Dieu, mon père, rajoute des cailloux et des rochers prémédités pour faire croire à du cahoteux. Je veux tout contrôler. Je veux pouvoir te dire putain de merde que tu me fais chier et que tu me remercies pour ça. Adule-moi de te montrer la voie, la voie chaotique, la vraie, celle que je fais semblant de prendre en parallèle. Je te parle de moi, je te dis moimoimoi et je me dis quoiquoiquoi, jme dis surtout tais toi t’es toi toi t’es mais toi tais moi t’es moi.

Par mardinoir
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Dimanche 27 juin 2010 7 27 /06 /2010 03:25

Tu marches électrique et je patauge dans tes yeux. Je me sens en danger, je me sens menacée. Des attaques de cravates rebiquées, des agressions de déménageurs esseulés. Un fœtus abandonné. Paris la nuit, les gangs, le vide, toi aussi, je ne vais pas mentir, moi également mais en faux semblant, hystérique, obligée d’être bien pensante, un brin insupportable, des montres, des agendas, la nausée. Je cours dans du béton. La ville est vide et hostile ce soir, des immondices à terre, le néant dans l’air, un soupçon d’animosité et je ne suis pas rassurée. Je veux une grotte, je veux un stock. Et de l’amour. De la générosité. Avec quoi me cacher, il est bon de se cacher mais révolutionner d’abord. J’ai envie de crier au monde entier de se réveiller, de profiter et de manger. Partagée entre la merde et le vomi, j’opte pour la merde, c’est assimilé, meilleur pour la santé. Vomir n’est pas la solution, chier pour s’en sortir, chier de merdes encrassées, chier, putain, chier, merde.

Par mardinoir
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Samedi 19 juin 2010 6 19 /06 /2010 21:01

Tu te dis que je suis coupable. De tout. De toi. De moi. Je suis coupable de rien ok ? Du recul, de la distance c’est tout ce qui me protège. Le recul. La patience. J’apprends la patience. Tu es coupable tout autant que moi. Tu es coupable de rien. La culpabilité est créée de toute pièce pour se rassurer de nos non-engagement, des symptômes de non-engagement, des excuses et en dernier lieu, la culpabilité. Ca rassure. Comme si elle était indépendante de nous, ce n’est pas moi c’est la culpabilité, que je porte ou que je fais porter.

Alors que… c’est juste la vie qui s’étonne de nos barrages et de nos cassures. C’est  la vie.

 

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Par mardinoir
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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /2010 13:56

J’ai sensiblement le droit de m’inquiéter.  Tu comprends ça ? J’en ai le droit.

Tout a commencé par ce cri, cette chaleur puis ce froid puis cette chaleur de juillet, variations de température. Ca a été rose quelques temps, un sein, deux seins, un breuvage, un câlin. Et l’angoisse. Seulement au bout de quelques mois. Où est-elle partie, bordel de Dieu, cette sœur siamoise, comment fait-elle pour se détacher de moi, sans douleur, me laissant là, plongée dans l’horreur. Parano, presque schizo, j’hurle quelques mois durant. Je me tourne vers les autres, face au monde, je vis 1984 sans participer aux débats, j’ai un an.

Quelques années après, j’envoie du riz en Somalie, solidarité, aide entre les peuples, j’ai la sensation d’avoir atterri quelque part, une espèce de réveil. T’as 7 ou 8 ans et on t’explique que putain de merde il y a des gens sur terre qui crèvent la dalle qui n’ont pas l’eau courante qui ne vont pas à l’école qui meurent d’un simple rhume et on te parle du sida de cette maladie nouvelle, on te dit tout ça c’est important… ok… T’as 8 ans, t’es révolté, t’en parles à tes parents le soir qui te répondent oui et complètent pendant plus d’une heure l’exposé de la maîtresse. Tu débarques avec tes gros yeux, tes larmes et ce sentiment d’injustice et pendant 15 jours tu finis ton assiette.  Et tu rejoues et l’année d’après t’envoies pas de riz et tu te demandes pourquoi et à l’école on te répond que c’est pas dans les projets de cette année et tu comprends pas mais… ok… t’acceptes.

Deux ans après, on te dit en 94 qu’on va fêter la libération de paris, c’est le cinquantenaire de la libération. Ah bon. Et là on te cause des juifs, des camps, des chambre à gaz, des millions de gens qui sont morts en France et ailleurs. Tu refais tes gros yeux et quand tu rentres chez toi, tes parents complètent avec les tziganes, les handicapés, les homo, les résistants, les opposants politiques puis quand t’as des parents investis ils complètent encore avec Staline, Franco etc et ensuite Polpot et autres Rwanda et guerres civiles, t’as 10 ans et tu gueules et tu dis mais c’est pas possible, je veux pas, faut faire quelque chose mais très vite tu te rends compte que justement tu n’as que 10 ans et que dans un mois tu pars au bord de la mer, on verra ça à la rentrée.

Tu rentres au collège et tous les problèmes, d’un coup d’un seul, se retournent contre toi. Comme 4 années d’égocentrisme concentré. Tu découvres l’amour, les râteaux, les « on casse »,  tu te confrontes à la moquerie, aux différents styles vestimentaires, t’es dans une vraie galère et c’est la tienne et quand on te parle de l’Afrique et de la merde c’est trop pour toi, t’as déjà ton corps à gérer, tes amours, tes potes et le reste t’apparaît comme un truc en trop à contrôler, tu sais que tu peux pas, en tout cas pas à ton échelle et tu découvres cette phrase : chacun sa merde. Tu t’individualises et on te laisse faire, c’est l’adolescence et sa violence, ça passera.

Puis tu rentres au lycée, les cours, l’autonomie, le bac, les twin towers. Tu prends du recul, le rêve est moins rose, tu t’y perds, t’as 18 ans, ça tourne pas rond. J’ai bossé après, pas d’études, envie d’être avec des gens plus vieux.

T’es adulte, on t’annonce la crise économique, le réchauffement de la planète, la future guerre, tu vas voir au cinoche un film fin du monde qui s’appelle 2012, on est en 2009… T’as 27 ans et tu fais quoi ? Ils sont où les projets, ils sont où les enfants elle est où la baraque, il est où le fric, où elle va ta vie, où elle va la vie de l’humanité et putain … mais que faire ?

J’ai toujours pensé que si on était éternel on foutrait rien de notre vie, on aurait pas envie de laisser de trace, on remettrait tout au lendemain mais si c’est la mort de l’humanité qui se profile d’une manière ou d’une autre… à quoi bon laisser une trace ?

Par mardinoir
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  • mardinoir
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  • paris
  • cinéma humour littérature théâtre vie privée
  • Jeune parisienne crevarde, j'avance et progresse au milieu de cette jungle hurlante, je survis et soupire au creux de tes fesses, j'aligne quelques mots, je m'inspire et je mate, je sors et m'incline et surtout je t'attends.

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